Mostrar mensagens com a etiqueta Ulli Beier. Mostrar todas as mensagens
Mostrar mensagens com a etiqueta Ulli Beier. Mostrar todas as mensagens

segunda-feira, 12 de outubro de 2026

2026 QUAI BRANLY: Le Mbari Club au Nigeria

Vue sur la boite Arts Graphiques "Le Mbari Club, un espace de création transnationale au Nigeria"


02 juil. 2026 11 oct. 2026 MUSEE DU QUAI BRANLY

Le Mbari Club, un espace de création transnationale au Nigeria

En rassemblant œuvres, archives, ouvrages et revues, cette Boîte arts graphiques met l’accent sur la richesse des échanges intellectuels et artistiques qui traversent le continent africain et s’étendent bien au delà, faisant du Mbari un lieu emblématique de la modernité culturelle nigériane et panafricaine.

À la veille de l’indépendance du Nigeria en 1960, la création est un outil politique et transnational pour les écrivains et artistes. Créée en 1957 par le linguiste d’origine allemande Ulli Beier, la revue Black Orpheus s’impose rapidement comme un organe de diffusion et de reconnaissance pour une nouvelle génération d’écrivains africains anglophones, parmi lesquels Chinua Achebe et Wole Soyinka. 

Ulli Beier et son épouse Susanne Wenger cultivent avec les écrivains Ezekiel (Es’kia) Mphahlele et Chinua Achebe l’idée d’un lieu au Nigeria dédié à la création et aux débats culturels. En 1961, ils créent à Ibadan un club d’écrivains et d’artistes, nommé Mbari. En langue igbo, « Mbari » renvoie à la notion de création. Doté d’une cour ouverte, d’un bar et d’un restaurant, le Mbari est un espace pluridisciplinaire où se tiennent concerts, danses, débats, expositions et représentations théâtrales. 

Le Mbari Club se distingue par son ouverture internationale : il invite des artistes du Nigeria, mais aussi d’autres pays africains, d’Europe et des États-Unis. En 1962, le dramaturge nigerian Duro Ladipo fonde avec Ulli Beier le Mbari Mbayo Club dans la ville d’Osogbo, contribuant à l’émergence d’une scène artistique locale particulièrement dynamique. Cette effervescence est encouragée par Ulli Beier. Ses épouses successives, Susanne Wenger et Georgina Beier, jouent également un rôle essentiel dans la formation et la reconnaissance des artistes d’Osogbo.


L’ARTISTE AUTRICHIENNE SUSANNE WENGER ET LA CULTURE YORUBA

Susanne Wenger (1915, Graz, Autriche - 2009, Osogbo, Nigéria) étudie à l’Académie des beaux-arts de Vienne de 1933 à 1937.

En 1949, elle rejoint Paris, où elle rencontre Ulli Beier. Lorsqu’il obtient un poste à l’université d’Ibadan, elle l’épouse et part s’installer avec lui au Nigéria en 1950. Elle apprend et parle couramment le yoruba et s’imprègne de cette culture et de sa religion. Ajagemo, prêtre d’Obàtálá, l’initie au culte de ce dieu qui a créé la Terre et les êtres humains. Elle apprend aussi l’àdîre, pour teindre des tissus par réserve à l’indigo.

En 1956, elle s’installe à Osogbo avec Ulli Beier, mais leurs divergences s’accroissent. À la différence d’Ulli Beier, Susanne Wenger souhaite être inclue plus profondément dans la communauté yoruba et poursuit son cheminement spirituel. Le couple divorce en 1958. Susanne Wenger devient prêtresse de la déesse Osun à Osogbo et restaure les temples de la forêt sacrée. Entourée de jeunes artistes et artisans yorubas, elle crée le New Sacred Art Movement.